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Nascuntur poetae, fiunt oratores

Prose d'ivrogne
Je croyais que t’aimais pas les Noirs ? - Lui c’est pas pareil, il aime le pinot.
l'Ephémère tout-puissant

en devenir
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Versatile & inconscient
pour désinfecter...

poésie alcool poèmes filles dépression sexe nuit soirée

Vendredi (04/07/08)
Une caméra professionnelle


Une caméra professionnelle, un ordinateur portable Macintosh, une minette

(il vient d’apprendre le mot) de quoi se jeter enfin dans le monde,

un équipement crédible pour cacher sa nudité, de quoi troquer sa serviette

Vaniteuse, une sorte de passe-partout social.

            Engoncé entre une pile de vêtements et une pile de draps, il fait

            Cette liste, cela le soulage de nommer les obstacles, c’est comme

            Les franchir un peu.

Tout dépend de quelques objets désormais, c’est une affaire de choix et d’argent, il a

Déjà préparé sa carte de presse et un carnet plein de sujets de reportages. Il est prêt.

Même sa voix a changé, il sait prendre l’apparence de tous les milieux et peut mentir

Des jours durant, se cacher, jouer l’espion. Il est prêt rien ne manque que le matériel

Et aussi, il est vrai, la technique de la balance des blancs.

            Mais devant sa liste, il doute soudain. Il sent le poids du vide sous ses quelques

            Lignes, confusément il sait que ça ne suffira pas. Alors appliqué il rajoute, à la suite,

           
            
« -    me raser les cheveux
              
-         nettoyer l’appartement
               -         ouvrir une assurance-vie
               -         faire la paix avec mon père »

            ----

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 14:03 dans la rubrique "Inspiration".
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Le scaphandre


Bosses et baleines c’est près d’être // Bosses et baleines c’est près d’être la même chose

Au creux d’une vague il y a une bosse, c’est la baleine, c’est la vague bosselée

Peau profonde, baleine confiante, univers qui ne connaît pas le métal, baleine à cheveux longs 

Pagaie d’algues et de coquilles froides, pagaie douce, l’océan aussi est une lumière, une

Distance immédiate, baleine qui ne connaît pas la jalousie, baleine tu ne regrettes

Rien // des courants sud au noir absolu tu sais des choses concrètes, pas des proverbes des

preuves de vie, baleine à cheveux blancs. Emmitouflée d’hectolitres tu gardes près des

nageoires un vieil alcool de requin tes yeux sont cernés d’huîtres et remplis de limon, après

sept tours du monde baleine rousse, la salive te manque, les sables sont moins dorés, les perles

Moins rares, les étoiles s’étiolent, encore les tortues centenaires, encore Gibraltar, encore

La lave qui se tord, baleine tes cheveux tombent, tes rêves s’écaillent, baleine toute puissante

Divine voilà l’ennui !

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 14:03 dans la rubrique "Inspiration".
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Les lampadaires de plastique

Isolé du reste, frappé d’un dessert comique, presque réglo

Pas forcément dernier rire, serviette de boucles bleues tressée

D’un commun accord.

Main mise au degré zéro de tes jambes, pantalon brûlé comme une
Crème bouche cousue d’un doigt traversé jus placide sans pépin
Pour l’instant.

Ortie fraîche frottée sur la peau d’un regard, sourcil blond flottant
Dans l’air, roses épines feuilles pétales [déconstruction de tes lèvres] patois
De ta gorge ouverte d’où s’échappe des signes comme des briques
Brûlantes.

Iliade toastée du fer à repasser de tes fesses, sieste brune à l’ombre d’un orgasme
D’un cri, d’un coup formidable chute intérieure parfois tomber de sa hauteur c’est chuter
De plusieurs mètres.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 14:01 dans la rubrique "Inspiration".
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Lundi (26/05/08)
Les églises éphémères


Cierge de peau soumise, bénitier de muqueuses, visions colorées courbes

Ascension renouvelée. Si j’entre en toi, église éphémère, c’est pour prier

Ma propre image ; ces colonnes distendues, ces atmosphères froides confrontées

À la flamme qui dure, ces livres qui veulent me dire ce que mes mains ont déjà

Saisi tout m’incite à assombrir mon icône.

Chaque coup de fouet, chaque suaire qui tombe, chaque stigmate me le confirme

Ton chemin de croix est un délice pour celui qui te croise.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 22:47 dans la rubrique "Inspiration".
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Là, sous les roues


Morsures, vagues de morsures, opéra

Dont les gestes cherchent le refuge, chaise pliante

Carcasse enroulée dans le tapis de tes cheveux blonds.

Une mémoire qui rembobine, une douleur qui sème

De petits cailloux blancs, des miettes d’évènements

Transpirants. Poursuivre un masque étendu nu, plâtrer vivante

Sa libido comme un café froid, pleurnicher en apercevant

La caresse urbaine d’une joue, d’un sourcil. Se branler

Frénétiquement pour agiter l’espoir et vider sa tête

Comme une piscine bordée d’arbres trop grands, de branches

Intenses, d’un soleil prêt à tout. Enfiler un maillot sombre

Faire quelques pas à reculons, sourire enfin en imaginant

La tête du père lorsqu’il verra ce corps passé

Sous un poids lourd.

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Over and over


Il avait espéré qu’avec le temps son image perdrait

De sa netteté absurde comme au premier jour pourtant il avait

La peau chaude et les cuisses lasses les membres douloureux à force

D’être solitaires. Son ventre pesait de tout son poids, les pores de son dos

Lui soufflait au visage la vapeur des étreintes. Des scènes dont la réalité dépassait

Le soutenable, il n’y avait pas cru d’abord mais il voyait désormais

Clairement que ses souvenirs étaient plus précis que la vie, le sexe y était meilleur

L’absence faisait naître des sentiments qui n’avaient jamais existé, des monstres

Il avait tellement bien empaillé son désir que quelque chose avait grandi

Et appris à marcher seul. Une pensée autonome qui criait un nom avec une violence

Jamais vue.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 22:45 dans la rubrique "Inspiration".
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D'ancients amants

Ils avaient fait l’amour tellement, chaque corps était le négatif de l’autre

La fièvre déserte avait laissé les cornées brillantes, les lèvres sèches, les muqueuses

Extensibles. Leur peau avait réagi différemment à l’effort.

Il avait connu autre chose depuis et elle

Aussi avait goûté une tierce viande, mais jamais ils n’auraient cru

Pouvoir se serrer sans s’étreindre.  

L’humanité, c’est aussi ça alors ? des morceaux de gestes, des morceaux

De mots des baisers qui s’étirent et des mains assagies ? Mais alors que faire

D’une érection spontanée

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 22:44 dans la rubrique "Inspiration".
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Lundi (25/02/08)
Les ballades nues

Il rêve de dire « désormais », de rempoter ses plantes, d’écouter la météo avec attention

Il pleure lorsqu’il prend l’ascenseur avec un couple il

A envie d’acheter des robes et regarde les prix des vacances en Tunisie

Il supporte mal de voir que ses chaussures neuves ne le restent pas tout

S’en va à ses yeux dans le même élan il se trouve depuis peu

Pathétique et rêve d’un charisme neuf comme d’autres d’une paire d’ailes. 

Il observe chaque fille avec une assiduité meurtrière, louche sur les seins des plus jeunes

Comme la cuillère à glace regarde le sorbet vierge, il se prive de vin

Lorsqu’il n’en a plus le reste du temps il boit seul et beaucoup. Sa chambre

Est sale, lui qui n’aime pas la poussière, et son lit désespérément vide bien qu’il

Vomisse la solitude. Mais il assure si bien le contraire qu’on a fini

Par le croire. Il voudrait écrire mais ça ne sort pas les films pornographiques sont sa seule

Activité physique sur sa chaise une frêle auréole en témoigne il est souvent

Assis nu sur cette chaise. 

Ses disques datent d’il y a presque dix ans, comme les vidéos de ses folies intergenres

Comme ses photos comme tout ce qu’il aime. À vingt-quatre ans il vit dans le passé

Ses expériences sexuelles étaient trop réussies, trop vite son écriture trop vite sa haine

Il a répandu son talent comme on brise une lampe à huile, par erreur, en découvrant le noir

Soudain.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 22:10 dans la rubrique "Inspiration".
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Dialogue avec mon concierge


- Oh là, vous avez l’air malade !

- Je crois que j’ai une gastro… (là je m’engouffre dans l’ascenseur et j’appuie sur le bouton de toutes mes forces) je m’excuse de dire ça, mais je me suis même fait dessus l’autre jour. J’en avais partout, c’est emmerdant, c’est le cas de le dire… (là, la porte se ferme, mais il appelle l’ascenseur d’un air habitué et je vois la porte qui se rouvre en grand),  il a fallu que je lave mes affaires sous la douche… Vous savez, j’ai cru que j’allais péter et… Hier rebelote, je me suis réveillé, j’avais fait pendant la nuit… obligé de tout laver (nouveau coup de bouton du concierge, la porte fait l’aller-retour sous mes yeux). C’est que de l’eau, mais qu’est-ce que ça pue ! Pourtant c’est juste de l’eau, hein.

C’est vraiment chiant… je sais pas combien de temps ça va durer… On croit qu’on va péter, et on s’inonde. Désolé de vous dire ça avant le repas de midi… J’espère que c’est pas une vraie gastro, parce qu’une gastro j’en ai eue une et ça avait duré quinze jours… J’avais perdu entre 10 et 15 kilos… Allez je vous laisse, bon appétit quand même hein !

La porte se referme enfin, trop tard. Je reste ébaubi de ce discours-fleuve qui charrie la merde comme une métaphore qui file toute seule. Pendant que l’ascenseur monte, j'ai soudain une question qui me hante. Il n’est pas sûr d’avoir une gastro… mais si c’est pas ça, alors mon Dieu qu’est-ce que c’est ?


Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 22:08 dans la rubrique "Sur le Vif".
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Jeudi (24/01/08)
Soudain la porte

Oser tendre le coude, ouvrir un bras, profiter de l’asphalte

D’un réveil qui ne s’est pas encore trouvé. Elle est là, débris tendre

Pièce à conviction d’une douleur peinte, allongée parmi les douilles

Parmi les coups de feu du passé dans ma nuit.

                                               Ivoire et corde unique d’un piano dont

                                               On ne joue plus, pièce

                                               Étrangère à la langue récemment oubliée

                         SOUDAIN LA PORTE 

Polichinelle bagarreuse qui met la pièce sans dessus dessous, mon cœur pour toi
Est trop étroit, la salive de tes tempes est déjà recueillie
Quelqu’un
Est passé avant moi.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 10:08 dans la rubrique "Inspiration".
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