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J'aurai ta peau

Prose d'ivrogne
Je croyais que t’aimais pas les Noirs ? - Lui c’est pas pareil, il aime le pinot.
la Fabrique des rêves
l'Ephémère tout-puissant

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Versatile & inconscient
pour désinfecter...

poésie alcool poèmes filles dépression sexe nuit soirée

Mardi (05/08/08)
Fill the blanks

Des images par milliers pour repeupler, des photographies d’hommes nus, des masques
D’animaux maquillés par la peur, deux ou trois modèles de robinets d’eau chaude, un téléphone
Aux fonctions dingues, une main tatouée de rouge et une paire d’ongles taillés, un balcon
Pour la salle de bain, le logo d’une agence de presse, une lotion miracle contre l’acné. Tout ce qui
Remplit l’espace, tout ce qui occupe, tout ce qui rassure.
Se remémorer des fêtes passées, des lits plein de filles, des colliers de cuisses chaudes, des
Yeux qui cherchent, des pressions intuitives, des articles signés, des étiquettes collées, des faits
D’armes, rassembler les fibres dispersées d’une postérité qui s’effiloche, rameuter les bons mots
Et les remarques insignes.
Trouver quelque chose, surtout trouver quelque chose. Mastiquer le manque sans attendre,
Les pieds dans la neige, le museau gelé/



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Lundi (04/08/08)
Le sommeil et le rêve

Il plonge sa tête jusque sous l’accoudoir du canapé
-    Ne dis pas de bêtises, tu n’étais pas dans le premier rêve
-    Un fond de bouteille est partout, il n’existe déjà plus qu’à travers l’œil et les mains d’autrui…
-    … un fond de bouteille… je ne parle pas d’un fond de bouteille
La porte fenêtre s’ouvre et cogne doucement la lampe

-    Le sommeil est la seule bouchée de la journée que je sois obligé d’avaler. Contraint et forcé, le sommeil et le rêve.
-    Ce sont deux femmes qui s’ignorent. Partout où tu vas, le sommeil t’accompagne comme une mère. Le rêve, lui, te file comme une amante trompée. Dans chaque vision nocturne, il y a les couleurs et l’odeur d’une vengeance plus ou moins refroidie.
-    Alors ne pas se souvenir de ses rêves, c’est…
-    … c’est refuser ses fautes.


Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 23:23 dans la rubrique "Inspiration".
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En attendant

Mirage de beauté, orme déraciné, chantier qui s’éternise, chaussée
Éventrée, tuyauterie béante, labours longs étranges, gros titres qui reviennent
Mélodie d’antan qui boucle, avion en papier : il n’y a qu’un modèle disponible.
Il avait pris les choses en main, après plusieurs jours enfermé, comme une viande
Sous vide, organisé sa semaine une suite d’apéritifs et de pique-nique de berges
Et de parcs, fait des projets pour étalonner le manque d’elle.


Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 23:22 dans la rubrique "Inspiration".
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Desire desire

Ça se passe à l’autre bout du monde, pas dans un restaurant de l’île
Saint-Louis, il y a là beaucoup de gens gais, une foule heureuse et non pas
Toi et moi / cela n’a rien d’un repas arrosé, il ne faut pas se fier aux apparence
Ce serait trop bête d’user de vin pour nous rapprocher.
À l’autre bout du monde, le restaurant ferme et tout le monde rentre immédiatement
Chez soi, de sorte qu’on se retrouve assis côte à côte, sur le parvis d’un culte isolé
Faisant tout pour s’éviter. Naturellement, tu refuses ce massage à travers ta veste
Et lorsque je m’abandonne, que mes lèvres me lâchent pour aller rôder dans l’arrière-cour
De tes oreilles, que j’achève ma cuite au parfum d’hydrogène de tes cheveux, tu dis stop
Ce n’est pas comme si le désir pouvait encore nous surprendre.


Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 23:20 dans la rubrique "Inspiration".
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Vendredi (04/07/08)
Une caméra professionnelle


Une caméra professionnelle, un ordinateur portable Macintosh, une minette

(il vient d’apprendre le mot) de quoi se jeter enfin dans le monde,

un équipement crédible pour cacher sa nudité, de quoi troquer sa serviette

Vaniteuse, une sorte de passe-partout social.

            Engoncé entre une pile de vêtements et une pile de draps, il fait

            Cette liste, cela le soulage de nommer les obstacles, c’est comme

            Les franchir un peu.

Tout dépend de quelques objets désormais, c’est une affaire de choix et d’argent, il a

Déjà préparé sa carte de presse et un carnet plein de sujets de reportages. Il est prêt.

Même sa voix a changé, il sait prendre l’apparence de tous les milieux et peut mentir

Des jours durant, se cacher, jouer l’espion. Il est prêt rien ne manque que le matériel

Et aussi, il est vrai, la technique de la balance des blancs.

            Mais devant sa liste, il doute soudain. Il sent le poids du vide sous ses quelques

            Lignes, confusément il sait que ça ne suffira pas. Alors appliqué il rajoute, à la suite,

           
            
« -    me raser les cheveux
              
-         nettoyer l’appartement
               -         ouvrir une assurance-vie
               -         faire la paix avec mon père »

            ----

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 14:03 dans la rubrique "Inspiration".
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Le scaphandre


Bosses et baleines c’est près d’être // Bosses et baleines c’est près d’être la même chose

Au creux d’une vague il y a une bosse, c’est la baleine, c’est la vague bosselée

Peau profonde, baleine confiante, univers qui ne connaît pas le métal, baleine à cheveux longs 

Pagaie d’algues et de coquilles froides, pagaie douce, l’océan aussi est une lumière, une

Distance immédiate, baleine qui ne connaît pas la jalousie, baleine tu ne regrettes

Rien // des courants sud au noir absolu tu sais des choses concrètes, pas des proverbes des

preuves de vie, baleine à cheveux blancs. Emmitouflée d’hectolitres tu gardes près des

nageoires un vieil alcool de requin tes yeux sont cernés d’huîtres et remplis de limon, après

sept tours du monde baleine rousse, la salive te manque, les sables sont moins dorés, les perles

Moins rares, les étoiles s’étiolent, encore les tortues centenaires, encore Gibraltar, encore

La lave qui se tord, baleine tes cheveux tombent, tes rêves s’écaillent, baleine toute puissante

Divine voilà l’ennui !

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 14:03 dans la rubrique "Inspiration".
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Les lampadaires de plastique

Isolé du reste, frappé d’un dessert comique, presque réglo

Pas forcément dernier rire, serviette de boucles bleues tressée

D’un commun accord.

Main mise au degré zéro de tes jambes, pantalon brûlé comme une
Crème bouche cousue d’un doigt traversé jus placide sans pépin
Pour l’instant.

Ortie fraîche frottée sur la peau d’un regard, sourcil blond flottant
Dans l’air, roses épines feuilles pétales [déconstruction de tes lèvres] patois
De ta gorge ouverte d’où s’échappe des signes comme des briques
Brûlantes.

Iliade toastée du fer à repasser de tes fesses, sieste brune à l’ombre d’un orgasme
D’un cri, d’un coup formidable chute intérieure parfois tomber de sa hauteur c’est chuter
De plusieurs mètres.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 14:01 dans la rubrique "Inspiration".
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Lundi (26/05/08)
Les églises éphémères


Cierge de peau soumise, bénitier de muqueuses, visions colorées courbes

Ascension renouvelée. Si j’entre en toi, église éphémère, c’est pour prier

Ma propre image ; ces colonnes distendues, ces atmosphères froides confrontées

À la flamme qui dure, ces livres qui veulent me dire ce que mes mains ont déjà

Saisi tout m’incite à assombrir mon icône.

Chaque coup de fouet, chaque suaire qui tombe, chaque stigmate me le confirme

Ton chemin de croix est un délice pour celui qui te croise.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 22:47 dans la rubrique "Inspiration".
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Là, sous les roues


Morsures, vagues de morsures, opéra

Dont les gestes cherchent le refuge, chaise pliante

Carcasse enroulée dans le tapis de tes cheveux blonds.

Une mémoire qui rembobine, une douleur qui sème

De petits cailloux blancs, des miettes d’évènements

Transpirants. Poursuivre un masque étendu nu, plâtrer vivante

Sa libido comme un café froid, pleurnicher en apercevant

La caresse urbaine d’une joue, d’un sourcil. Se branler

Frénétiquement pour agiter l’espoir et vider sa tête

Comme une piscine bordée d’arbres trop grands, de branches

Intenses, d’un soleil prêt à tout. Enfiler un maillot sombre

Faire quelques pas à reculons, sourire enfin en imaginant

La tête du père lorsqu’il verra ce corps passé

Sous un poids lourd.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 22:46 dans la rubrique "Inspiration".
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Over and over


Il avait espéré qu’avec le temps son image perdrait

De sa netteté absurde comme au premier jour pourtant il avait

La peau chaude et les cuisses lasses les membres douloureux à force

D’être solitaires. Son ventre pesait de tout son poids, les pores de son dos

Lui soufflait au visage la vapeur des étreintes. Des scènes dont la réalité dépassait

Le soutenable, il n’y avait pas cru d’abord mais il voyait désormais

Clairement que ses souvenirs étaient plus précis que la vie, le sexe y était meilleur

L’absence faisait naître des sentiments qui n’avaient jamais existé, des monstres

Il avait tellement bien empaillé son désir que quelque chose avait grandi

Et appris à marcher seul. Une pensée autonome qui criait un nom avec une violence

Jamais vue.

Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, a 22:45 dans la rubrique "Inspiration".
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