- Nuits blanches
- Inspiration
- Croisée des chemins
- Sur le Vif
- Royal-ornythorinque: jeudi : super journée !
- Royal-ornythorinque: 2 janvier : reprise du stage
- ElS-: ...
- ElS-: Est ce que ?
poésie alcool poèmes filles dépression sexe nuit soirée
Des images par milliers pour repeupler, des photographies d’hommes nus, des masques
D’animaux maquillés par la peur, deux ou trois modèles de robinets d’eau chaude, un téléphone
Aux fonctions dingues, une main tatouée de rouge et une paire d’ongles taillés, un balcon
Pour la salle de bain, le logo d’une agence de presse, une lotion miracle contre l’acné. Tout ce qui
Remplit l’espace, tout ce qui occupe, tout ce qui rassure.
Se remémorer des fêtes passées, des lits plein de filles, des colliers de cuisses chaudes, des
Yeux qui cherchent, des pressions intuitives, des articles signés, des étiquettes collées, des faits
D’armes, rassembler les fibres dispersées d’une postérité qui s’effiloche, rameuter les bons mots
Et les remarques insignes.
Trouver quelque chose, surtout trouver quelque chose. Mastiquer le manque sans attendre,
Les pieds dans la neige, le museau gelé/
Il plonge sa tête jusque sous l’accoudoir du canapé
- Ne dis pas de bêtises, tu n’étais pas dans le premier rêve
- Un fond de bouteille est partout, il n’existe déjà plus qu’à travers l’œil et les mains d’autrui…
- … un fond de bouteille… je ne parle pas d’un fond de bouteille
La porte fenêtre s’ouvre et cogne doucement la lampe
- Le sommeil est la seule bouchée de la journée que je sois obligé d’avaler. Contraint et forcé, le sommeil et le rêve.
- Ce sont deux femmes qui s’ignorent. Partout où tu vas, le sommeil t’accompagne comme une mère. Le rêve, lui, te file comme une amante trompée. Dans chaque vision nocturne, il y a les couleurs et l’odeur d’une vengeance plus ou moins refroidie.
- Alors ne pas se souvenir de ses rêves, c’est…
- … c’est refuser ses fautes.
Mirage de beauté, orme déraciné, chantier qui s’éternise, chaussée
Éventrée, tuyauterie béante, labours longs étranges, gros titres qui reviennent
Mélodie d’antan qui boucle, avion en papier : il n’y a qu’un modèle disponible.
Il avait pris les choses en main, après plusieurs jours enfermé, comme une viande
Sous vide, organisé sa semaine une suite d’apéritifs et de pique-nique de berges
Et de parcs, fait des projets pour étalonner le manque d’elle.
Ça se passe à l’autre bout du monde, pas dans un restaurant de l’île
Saint-Louis, il y a là beaucoup de gens gais, une foule heureuse et non pas
Toi et moi / cela n’a rien d’un repas arrosé, il ne faut pas se fier aux apparence
Ce serait trop bête d’user de vin pour nous rapprocher.
À l’autre bout du monde, le restaurant ferme et tout le monde rentre immédiatement
Chez soi, de sorte qu’on se retrouve assis côte à côte, sur le parvis d’un culte isolé
Faisant tout pour s’éviter. Naturellement, tu refuses ce massage à travers ta veste
Et lorsque je m’abandonne, que mes lèvres me lâchent pour aller rôder dans l’arrière-cour
De tes oreilles, que j’achève ma cuite au parfum d’hydrogène de tes cheveux, tu dis stop
Ce n’est pas comme si le désir pouvait encore nous surprendre.
Une caméra professionnelle, un ordinateur portable Macintosh, une minette
(il vient d’apprendre le mot) de quoi se jeter enfin dans le monde,
un équipement crédible pour cacher sa nudité, de quoi troquer sa serviette
Vaniteuse, une sorte de passe-partout social.
Engoncé entre une pile de vêtements et une pile de draps, il fait
Cette liste, cela le soulage de nommer les obstacles, c’est comme
Les franchir un peu.
Tout dépend de quelques objets désormais, c’est une affaire de choix et d’argent, il a
Déjà préparé sa carte de presse et un carnet plein de sujets de reportages. Il est prêt.
Même sa voix a changé, il sait prendre l’apparence de tous les milieux et peut mentir
Des jours durant, se cacher, jouer l’espion. Il est prêt rien ne manque que le matériel
Et aussi, il est vrai, la technique de la balance des blancs.
Mais devant sa liste, il doute soudain. Il sent le poids du vide sous ses quelques
Lignes, confusément il sait que ça ne suffira pas. Alors appliqué il rajoute, à la suite,
« - me raser les cheveux
- nettoyer l’appartement
- ouvrir une assurance-vie
- faire la paix avec mon père »
----
Bosses et baleines c’est près d’être // Bosses et baleines c’est près d’être la même chose
Au creux d’une vague il y a une bosse, c’est la baleine, c’est la vague bosselée
Peau profonde, baleine confiante, univers qui ne connaît pas le métal, baleine à cheveux longs
Pagaie d’algues et de coquilles froides, pagaie douce, l’océan aussi est une lumière, une
Distance immédiate, baleine qui ne connaît pas la jalousie, baleine tu ne regrettes
Rien // des courants sud au noir absolu tu sais des choses concrètes, pas des proverbes des
preuves de vie, baleine à cheveux blancs. Emmitouflée d’hectolitres tu gardes près des
nageoires un vieil alcool de requin tes yeux sont cernés d’huîtres et remplis de limon, après
sept tours du monde baleine rousse, la salive te manque, les sables sont moins dorés, les perles
Moins rares, les étoiles s’étiolent, encore les tortues centenaires, encore Gibraltar, encore
La lave qui se tord, baleine tes cheveux tombent, tes rêves s’écaillent, baleine toute puissante
Divine voilà l’ennui !
Isolé du reste, frappé d’un dessert comique, presque réglo
Pas forcément dernier rire, serviette de boucles bleues tressée
D’un commun accord.
Main mise au degré zéro de tes jambes, pantalon brûlé comme une
Crème bouche cousue d’un doigt traversé jus placide sans pépin
Pour l’instant.
Ortie fraîche frottée sur la peau d’un regard, sourcil blond flottant
Dans l’air, roses épines feuilles pétales [déconstruction de tes lèvres] patois
De ta gorge ouverte d’où s’échappe des signes comme des briques
Brûlantes.
Iliade toastée du fer à repasser de tes fesses, sieste brune à l’ombre d’un orgasme
D’un cri, d’un coup formidable chute intérieure parfois tomber de sa hauteur c’est chuter
De plusieurs mètres.
Cierge de peau soumise, bénitier de muqueuses, visions colorées courbes
Ascension renouvelée. Si j’entre en toi, église éphémère, c’est pour prier
Ma propre image ; ces colonnes distendues, ces atmosphères froides confrontées
À la flamme qui dure, ces livres qui veulent me dire ce que mes mains ont déjà
Saisi tout m’incite à assombrir mon icône.
Chaque coup de fouet, chaque suaire qui tombe, chaque stigmate me le confirme
Ton chemin de croix est un délice pour celui qui te croise.
Morsures, vagues de morsures, opéra
Dont les gestes cherchent le refuge, chaise pliante
Carcasse enroulée dans le tapis de tes cheveux blonds.
Une mémoire qui rembobine, une douleur qui sème
De petits cailloux blancs, des miettes d’évènements
Transpirants. Poursuivre un masque étendu nu, plâtrer vivante
Sa libido comme un café froid, pleurnicher en apercevant
La caresse urbaine d’une joue, d’un sourcil. Se branler
Frénétiquement pour agiter l’espoir et vider sa tête
Comme une piscine bordée d’arbres trop grands, de branches
Intenses, d’un soleil prêt à tout. Enfiler un maillot sombre
Faire quelques pas à reculons, sourire enfin en imaginant
La tête du père lorsqu’il verra ce corps passé
Sous un poids lourd.
Il avait espéré qu’avec le temps son image perdrait
De sa netteté absurde comme au premier jour pourtant il avait
La peau chaude et les cuisses lasses les membres douloureux à force
D’être solitaires. Son ventre pesait de tout son poids, les pores de son dos
Lui soufflait au visage la vapeur des étreintes. Des scènes dont la réalité dépassait
Le soutenable, il n’y avait pas cru d’abord mais il voyait désormais
Clairement que ses souvenirs étaient plus précis que la vie, le sexe y était meilleur
L’absence faisait naître des sentiments qui n’avaient jamais existé, des monstres
Il avait tellement bien empaillé son désir que quelque chose avait grandi
Et appris à marcher seul. Une pensée autonome qui criait un nom avec une violence
Jamais vue.
Version XML - Cette page sublime est peut-être encore valide XHTML1.1 et CSS sans tableaux.


























