la Fabrique des rêves
Sur le trottoir
« J’ai les doigts qui lâchent »
Elle a dit ça dans un souffle, trébuché sur une grille d’égout planqué dans les mots
Je la rattrape d’un bond, je crois
Que je bondis mais je reste en place, cloué
À mes propres énigmes
« J’ai envie de pleurer un peu, prend de l’avance, je te rejoins, j’ai quelques
Affaires privées à régler, des choses héritées et des choses construites,
C’est aigu comme un violoncelle plein d’alcool de riz »
Elle a dit tout cela d’une omoplate, en bougeant ses lentilles comme une rétine
De marbre bleu. J’ai envie soudain de l’accompagner à la guitare électrique car
Tout me semble tendre vers un son brutal, sourd, qui grésille.
Elle est à terre, masse son genoux et d’autres
Parties de son corps. Nous ne reviendrons pas de cette escapade supplémentaire
Alors une dernière fois, j’enfile ses bottes
Et je démarche le fil de ses pensées.
Tranquillement projeté par Royal-ornythorinque, le Vendredi 4 Septembre 2009, 14:37 dans la rubrique "Inspiration".
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