Partir, pas vraiment quitter les lieux, laisser
La distance et le temps s’installer entre nous, laisser
La place au vide, cette absence tapie dans le creux de ma nuque
Laisser tes épaules aux pressions des immeubles, abandonner ta gorge
Au désir de la rue, lâcher ta bouche qui reste nue
Même pas offerte, désertée
Des morceaux de moi pendent encore de ton corps, sous tes ongles
Cet épiderme qui tremble
C’est le mien
Mon ombre est là encore
Te parle et te murmure, pratique une étrange torture qui ne tue pas
Qui fait revivre.
Sens-tu des pas dans la chambre qui respirent, des bruits
De douche, penses-tu soudain toucher une veste sombre ?
Il n’y a plus rien.
C’est faux. Il reste des éléments du décor, ta colère
Et ton désir se disputent ces plaies précieuses.
Désormais le doute ne t’assaille plus, ce départ
Est la chose la plus sûre, la plus évidente que je t’ai offerte.
C’est la chose la plus vraie.
Je suis revenu près de moi, apprécier les livres
Et écouter les autres. Les voir à nouveau. Je suis encore
Sur la même Terre pourtant, jamais très loin tu verras
Bien que je porte surtout vers toi des regards
À la dérobée.
poussage(s) de coude :
Version XML - Cette page sublime est peut-être encore valide XHTML1.1 et CSS sans tableaux.

Morphee
Toujours de très beaux textes.